Green IT
22 septembre 2021

L’école La PMN contribue
à la réflexion sur la transition écologique du numérique

À l’occasion de la Semaine Européenne du Développement Durable 2021, le Directeur de La Passerelle des Métiers du Numérique, Frédéric ROUBY, s’interroge sur la place du Green IT : Comment rendre le développement du numérique compatible avec l’indispensable transition énergétique ?

« Dans notre secteur, nous avons vu émerger la notion de Green IT ces dernières années. En cette semaine du développement durable (du 20 au 26 septembre 2021) j’ai voulu m’interroger sur la place des outils et des métiers du numérique (métier oblige) dans le défi environnemental qui nous concerne tous (conscience oblige).

La question est complexe car multifactorielle et la réponse parfaite n’existe pas, mais je vous rassure, de belles initiatives concrètes répondant à ces deux problématiques existent bel et bien et méritent vraiment que je vous en présente quelques-unes aujourd’hui.

On dit que la transition énergétique n’est parfois qu’une façade qu’on appelle communément du greenwashing, car le progrès technologique amène nécessairement la consommation de nouvelles ressources, souvent rares, qui, par voie de conséquence génère des problèmes à la fois éthiques et environnementaux.

Ceci se vérifie souvent mais le numérique est devenu une ressource précieuse et indispensable au fonctionnement de nos sociétés sur l’ensemble de la planète et il serait délicat voire impensable d’y renoncer.

La France est à ce titre plutôt en avance en la matière, elle est même en train de légiférer sur le sujet et penche en faveur de la sobriété numérique (réduire le nombre d’objets connectés, augmenter la durée de vie des équipements et favoriser l’écoconception). Tout cela en sensibilisant les utilisateurs et acteurs du numériques sur leur impact environnemental. On peut regretter que comme beaucoup de textes législatifs, l’ambition du texte initial ait été revue à la baisse mais tout cela va tout de même dans le bon sens.

Par ailleurs, les acteurs du numérique sont nombreux à lancer des initiatives locales qui concourent à la sobriété énergétique du numérique. Je suis à ce titre particulièrement sensible à de grandes avancées impressionnantes qui foisonnent dans l’actualité des technologies dans de nombreux domaines :

Dans celui des cryptomonnaies : aujourd’hui, un des problème majeur d’une monnaie numérique concerne la consommation énergétique qui est liée à sa popularité et donc à son utilisation. En effet, plus elle est utilisée, plus sa valeur augmente, plus l’énergie consommée pour valider sa valeur et sa sécurité suit la même dynamique structurellement. Demain Ethereum compte révolutionner le secteur en proposant un degré d’échanges de données visant à certifier une transaction bien moindre et dans des proportions gigantesques. Son nouveau procédé de validation est estimé 99,95% moins polluant que le précédent.

Dans le stockage (exponentiel) des données : les designers d’interaction Monika Seyfried et Cyrus Clarke explorent des moyens plus éthiques et écologiques de stocker nos données notamment via l’ADN des plantes.

Pour lutter contre le phénomène d’obsolescence programmée. Les acteurs du « design numérique » mettent au point des ordinateurs à partir de composants recyclés et réutilisés.

Dans la mutualisation des usages. Certains équipements (modems DLS ou fibre et boîtier TV) pourraient être remplacés par un dispositif centralisé unique par immeuble pour mutualiser l’accès à Internet et à la télévision des habitants.

Au-delà de ces initiatives, les pratiques individuelles de chaque acteur du secteur seront déterminantes pour limiter la consommation de ressources en se souciant des impacts de leurs développements, en limitant les briques technologiques utilisées ou encore en optimisant les structures développées et les échanges de données dans son code.

Mais ce qui me conforte le plus est de rencontrer nos étudiants au quotidien et de constater, année après année, qu’ils sont de plus en plus nombreux à être soucieux de l’impact environnement de leur activité sans négliger le progrès technologique. J’ai la conviction que notre rôle pédagogique est d’accompagner ces futurs experts vers une maîtrise technique dotée d’un grand sens des responsabilités. »

Frédéric ROUBY, Directeur de La PMN

Sources :

https://piochemag.fr/a-voir-un-documentaire-sur-arte-sattaque-a-la-face-cachee-des-energies-vertes/ https://siecledigital.fr/2021/05/25/ethereum-cryptomonnaie-reduction-energetique/ https://www.youtube.com/watch?v=iXSTBQOna0Q